Télétravail : vers une nouvelle relation managériale.

Actuellement en France, de nombreuses grandes entreprises commencent à mettre en place une politique de télétravail en accord avec les partenaires sociaux, qui sont souvent à l’origine de la demande et mettent en avant l’amélioration des conditions de travail.

Après RENAULT, pionnier en 2005, la SNCF, Accenture, Citrix, enclenchent le pas avec des expérimentations menées auprès de salariés cadres volontaires, dans le but d’améliorer le bien-être et la productivité de ces derniers.

Légalisation du télétravail salarié.

Cette accélération trouve sa raison dans la mise en application de la loi Warsmann du 22 mars 2012. Cette loi établit que «le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci.» Jours fériés, congés payés, télétravaux, aménagement du temps de travail : elle modifie et assouplit un certain nombre de règles applicables.

Elle permet donc aux entreprises d’encadrer certaines pratiques déjà en place et d’élaborer des projets d’établissement en se basant sur le double volontariat (entreprise et salarié) ;

Des garanties pour les salariés.

Ainsi, un certain nombre de garanties sont prévues pour les salariés :

  • Le télétravail pourra être décidé dès l’embauche ou ultérieurement, mais il devra être expressément prévu par le contrat de travail ou un avenant le cas échéant ;
  • Le salarié pourra refuser de passer en télétravail sans être sanctionné ;
  • Les modalités de contrôle de temps de travail devront être précisées par un accord collectif ou, à défaut, par le contrat de travail lui-même ;
  • Le salarié devra être prioritaire pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail correspondant à ses qualifications et compétences ;
  • Le salarié devra bénéficier chaque année d’un entretien sur ses conditions de travail et sa charge de travail.

Des obligations pour l’employeur.

  • L’employeur sera tenu : de prendre en charge tous les coûts qui découlent directement de l’exercice du télétravail (matériels, logiciels, abonnements, communications et outils, maintenance) ;
  • d’informer le salarié s’il existe des restrictions dans l’utilisation de ces outils ;
  • de fixer avec le salarié les plages horaires pendant lesquelles il pourra le contacter.

Les principaux effets du télétravail

Cependant, la France présente un retard au regard des autres pays (Europe et États-Unis).

La France se caractérise par un nombre de télétravailleurs coincé entre 7 % et 9% de la population active selon les études, les meilleurs chiffres allant jusqu’à 12 %. Soit bien moins que les pays nordiques : autour de 30 % en Finlande et en Suède.

Quels sont les freins ?

Malgré un assouplissement de la loi, le télétravail reste encore une pratique timide (au-delà du télétravail gris).

Les raisons :

  • Une culture managériale ancrée dans le présentéisme : rester tard au travail est un signe de dévouement à son entreprise,
  • Une relation managers / salariés qui n’est pas toujours construite dans la confiance,
  • La forme d’organisation bureaucratique des entreprises françaises et le management à la tâche ne vont pas en faveur du télétravail

Un « retard » qui finira par s’estomper. Le télétravail s’inscrit dans l’organisation du temps de travail du salarié, sur la base d’un double volontariat et de la confiance indispensable entre le manager et l’employé. Il semble évident que la démocratisation des technologies mobiles crée des attentes fortes chez les travailleurs. Smartphone, bureau mobile, intranet sécurisé, visioconférence. Pourquoi “aller travailler (au bureau) quand on peut, grâce aux TIC, travailler où l’on veut, quand on veut ? »

Avec l’association des réglementations, des nouvelles façons de travailler grâce aux technologies de l’information et de la communication, et un dialogue social basé sur la confiance et la responsabilisation, le télétravail peut devenir un véritable atout pour les entreprises en apportant de la flexibilité, une amélioration du bien-être au travail et une productivité accrue au service de la performance de l’entreprise.

A propos Didier

auteur du: Praticopratique de l'entreprise et du management.
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